Douleurs · Morphologie
Jambes arquées : causes et corrections
On parle de jambes arquées, ou genu varum, quand les genoux restent écartés alors que les chevilles se touchent : les jambes dessinent des parenthèses. Banal et transitoire chez le tout-petit, ce défaut d'axe peut, chez l'adulte, favoriser l'usure du genou. Voici comment distinguer le normal du pathologique.
Genu varum : de quoi parle-t-on ?
L'axe normal du membre inférieur passe du centre de la hanche au centre de la cheville en traversant le milieu du genou. Dans le genu varum, cet axe passe en dedans du genou : le poids du corps charge davantage le compartiment interne de l'articulation. Le phénomène inverse — genoux qui se touchent, chevilles écartées — s'appelle genu valgum, ou jambes en X. L'écart entre les genoux, mesuré debout chevilles jointes, donne une idée simple de l'importance du varus.
Chez l'enfant : le plus souvent physiologique
Presque tous les nourrissons naissent avec les jambes arquées : c'est la position fœtale qui se prolonge. Ce genu varum physiologique est symétrique, indolore et s'atténue spontanément entre 18 mois et 2 ans. L'axe s'inverse ensuite vers un léger valgus (jambes en X) vers 3-4 ans, avant de se stabiliser autour de 7-8 ans sur l'alignement de l'adulte. Aucun traitement, aucune semelle ni attelle n'est nécessaire dans cette évolution normale.
Beaucoup plus rarement, l'arcure traduit une maladie. Deux causes sont classiquement recherchées : le rachitisme, défaut de minéralisation de l'os lié le plus souvent à une carence en vitamine D, et la maladie de Blount, trouble de croissance de la partie interne du tibia, plus fréquente en cas de marche précoce ou de surpoids. Ces situations relèvent d'un suivi spécialisé.
Quand s'inquiéter chez l'enfant
Chez l'adulte : varus et arthrose
Chez l'adulte, un genu varum modéré est fréquent et souvent sans conséquence, notamment chez les sportifs comme les footballeurs. Le problème est mécanique et s'installe avec les années : en concentrant les contraintes sur le compartiment interne du genou, le varus favorise l'usure du cartilage à cet endroit — c'est l'arthrose fémoro-tibiale interne. Elle se manifeste par une douleur de la face interne du genou à la marche et aux escaliers, une raideur matinale et parfois un gonflement ; l'usure accentue à son tour l'arcure, entretenant le cercle vicieux. Une douleur du genou qui irradie dans la jambe ou une gêne persistante justifient un bilan.
Les corrections possibles
Il n'existe pas d'exercice qui « redresse » un os courbé. Les options dépendent de l'âge et de la cause :
- Enfant : simple surveillance dans le varum physiologique ; traitement de la cause (vitamine D dans le rachitisme), attelles de croissance ou chirurgie guidant la croissance dans les formes pathologiques.
- Adulte gêné : maintien d'un poids raisonnable, renforcement du quadriceps et des muscles de la hanche, activités portées (vélo, natation) et parfois semelles pour soulager le compartiment interne.
- Varus douloureux avec arthrose : l'ostéotomie tibiale de valgisation (le chirurgien réaxe le tibia) peut retarder l'usure chez le sujet encore jeune ; la prothèse de genou se discute aux stades avancés.