Circulation
Thrombose veineuse : comprendre le caillot
Une thrombose veineuse est un caillot de sang qui se forme dans une veine et gêne, voire bloque, la circulation. Dans la jambe, c'est le mécanisme de la phlébite. Comprendre comment le caillot naît aide à saisir pourquoi certaines situations sont à risque — et comment prévenir.
Comment naît un caillot : la triade de Virchow
Le sang est conçu pour coaguler en cas de blessure, pas dans une veine intacte. Depuis le XIXe siècle, on résume les conditions d'une thrombose par la « triade de Virchow » : trois facteurs qui, seuls ou combinés, favorisent le caillot.
| Facteur | En clair | Exemples |
|---|---|---|
| Stase veineuse | Le sang circule trop lentement et stagne | Alitement, plâtre, long voyage assis, insuffisance veineuse |
| Lésion de la paroi | La face interne de la veine est abîmée et déclenche la coagulation | Chirurgie, traumatisme, cathéter, inflammation |
| Hypercoagulabilité | Le sang coagule plus facilement que la normale | Anomalies héréditaires, grossesse, cancer, certains traitements hormonaux, tabac |
C'est pourquoi une opération suivie d'une immobilisation, chez une personne dont le sang coagule facilement, cumule les trois côtés de la triade : le risque devient alors bien réel. Le rôle de la stase explique aussi le lien avec un mauvais retour veineux, détaillé sur la page circulation de la jambe.
Thrombose profonde ou superficielle
Toutes les veines de la jambe ne se valent pas face au caillot.
- Thrombose veineuse profonde (TVP) : le caillot siège dans les veines profondes, au sein des muscles (mollet, cuisse), qui ramènent l'essentiel du sang vers le cœur. C'est la forme potentiellement grave, car un fragment peut migrer vers les poumons.
- Thrombose veineuse superficielle (autrefois « paraphlébite ») : le caillot touche une veine sous la peau, souvent une varice, qui devient un cordon dur, rouge et sensible. Généralement moins dangereuse, elle nécessite quand même un avis médical : elle peut s'étendre vers le réseau profond.
Ce que risque la jambe (et les poumons)
Le danger immédiat d'une TVP est l'embolie pulmonaire : un fragment de caillot se détache, remonte avec le sang et se coince dans une artère du poumon. Essoufflement brutal, douleur thoracique ou malaise imposent d'appeler le 15 ou le 112 sans délai.
À plus long terme, un caillot mal résorbé peut abîmer les valvules de la veine : c'est le syndrome post-thrombotique, avec jambes lourdes, œdème chronique, troubles de la peau, parfois ulcère. Bien traiter la thrombose et porter la contention prescrite réduisent ce risque.
Prévenir la thrombose
La prévention vise les trois facteurs de la triade, et d'abord la stase :
- Bouger : marche quotidienne, lever précoce après une chirurgie, pauses actives lors des longs trajets ;
- Contracter les mollets et fléchir les chevilles quand on doit rester assis longtemps ;
- Porter des bas de contention lorsqu'ils sont recommandés (post-opératoire, voyages chez les personnes à risque, insuffisance veineuse) ;
- S'hydrater, limiter alcool et tabac, surveiller le poids ;
- Signaler ses antécédents de thrombose avant toute chirurgie, prescription hormonale ou grossesse : le médecin adaptera la prévention, parfois médicamenteuse.
Après le diagnostic : traitement et suivi
Une thrombose confirmée est traitée par anticoagulants : ces médicaments ne « dissolvent » pas directement le caillot, mais l'empêchent de grossir et de récidiver pendant que l'organisme le résorbe. Le choix du médicament, la dose et la durée — souvent plusieurs mois — relèvent exclusivement du médecin, avec un suivi régulier ; aucune adaptation ne doit se faire seul, le traitement exposant à un risque de saignement. Une contention est généralement associée, et la cause de la thrombose est recherchée pour prévenir une récidive.